dimanche 28 septembre 2008

Découvertes

Janine Roos était une de mes cousines du côté maternel, divinement belle et élégante, protégée par de nombreux domestiques, vivant à Strasbourg. Elle est venue se réfugier à la déclaration de la guerre 39 à La Chaux-de-Fonds où habitait sa soeur. Malgré une assez grande différence d'âge, nous avons beaucoup sympathisé. Elle m'a proposé de venir dîner, peu après son arrivée. Elle se trouvait dans sa cuisine. Vêtue d'une robe du soir blanche, ceinturée d'une écharpe de mousseline rose, portant sur ses épaules une cape de vison sauvage, elle remuait nerveusement quelque chose dans une poële. Je lui demande ce qu'elle faisait et elle me dit tenter de faire une omelette. Je regardais stupéfait un immonde machin totalement calciné...c'est vraiment foutu lui-ai-je dit ! Mais pourquoi es-tu vêtue comme si tu allais à une grande réception ? C'est très simple, c'est tellement démoralisant de devoir faire de la cuisine, pour la première fois de ma vie, que pour ne pas perdre mon moral, j'ai transformé cette vilaine cuisine en salle de bal !
Elle avait raison, puique devenue veuve quelque temps avant la guerre, elle s'est remariée à Marseille avec le propriétaire de l'huile Lesieur, alors qu'elle avait plus de 50 ans. Ne pas lâcher son style quoiqu'il arrive, et on retrouve son rang hiérarchique, comme par miracle.

1 commentaire:

Benjamin Lazar a dit…

Quel merveilleux récit. j'y étais ! Merci Robert de nous faire découvrir ainsi tout un monde et une manière d'être par ces anecdotes si bien choisies...