jeudi 30 octobre 2008

suite

Mme Ferrand m'avait dit : l'intelligence est universelle.
Je voudrais ajouter ceci : l'intelligence n'est pas politique, pas raciale, pas religion. Elle survole ces dépendances, elle est universelle. Mais rare !
Beaucoup de cette intelligence a émigré, grâce à Hitler, en Amérique. Elle a favorisé les universités, le théâtre, le cinéma, la science. Belle vengeance !

effrayant !

J'ai vu hier soir à la télé, sur Arte, "Livrez-nous Grynszpan". Stupéfiant d'horreur, simplement parce que ce film relatait la vérité sur les techniques utilisés par Hitler pour assoir son pouvoir. Pas de montage, mais des documents filmés à l'époque, donc authentiques. On y constate l'imbécilité totale des dirigeants français et anglais, qui n'ont pas écouté Churchill qui a dit après Munich : "Il y avait soit le déshonneur, soit la guerre. Vous avez choisi le déshonneur mais vous aurez aussi la guerre".
Depuis les années 33, Hitler ne cachait rien de ses projets, au contraire, il en faisait une énorme promotion :destruction publique de tous les livres dans les universités, antisémitisme poussé à l'extrême, destruction systématique du droit à l'individualité personnelle, armement, contrôle par l'état de la violence, ceci dans l'indifférence des gouvernements étrangers. Il est vrai que l'église catholique depuis le 15ème siècle avait officialisé, avec l'Inquisition, l'antisémitisme. Ainsi, le cliché inconscient collectif avait bien pris racine. On connait la suite, des million de morts, une barbarie industrialisée.
Ne devrait-on pas tenter d'en tirer des conclusions ? Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avec de démontrer n'importe quel racisme ?
Le seul racisme que l'on devrait avoir est mépriser la bêtise, le bigot, le fanatique, tout individu qui agit contre son prochain, ou qui fait preuve de cupidité, d'envie, d'orgueil...Il y a du boulot!

mardi 28 octobre 2008

L'âge ?

Quand j'avais 78 puis 79 ans, je détestais donner mon âge quand on me le demandait. D'après vous, quel âge ai-je ?
Environ 70 ans.
Vous avez raison.
Ainsi, je laissais planer un doute. Car alors, j'avais peur d'être considéré comme une momie !
Etrangement, après avoir eu 80 ans, puis 81, je me suis mis à être fier de mon âge, et je le déclare avec fierté. Comme quoi, tout est dans la tête ! Et tous les amis dont je pourrais être le grand-père me traitent comme ils se comportent avec leurs copains...et c'est délicieux. Et je ne me costume pas en junior, je ne porte pas de jean's, je ne me teint pas les cheveux, je n'ai jamais chaussé de baskets, je n'ai pas un petit diamant sur le lobe de l'oreille, mais je suis fidèle à mes cravates, bref, je ne suis pas à la mode...fou non ?

lundi 27 octobre 2008

Dieu

Quand on étudie l'histoire des religions, on reste stupéfait de la violence utilisée au nom de Dieu, ceci pour créer un pouvoir politique et économique. Fritjof Capra donne une défnition de Dieu dans son livre "le temps du changement" :
Dieu n'est pas le créateur mais l'esprit de l'univers. Vue sous cet angle, la déité n'est ni mâle ni femelle, elle n'est pas non plus manifeste sous une forme personnelle. Elle ne représente ni plus ni moins que la "dynamique auto-organisatrice de l'ensemble du cosmos".

Alors quelle excuse à la destruction des Cathares, à l'Inquisition et ses meurtres, à l'Intifada ou guerre soi-disant sainte de certains musulmans, à la persécution des Juifs ? Au nom d'un Dieu unique...on rigole ?

jeudi 23 octobre 2008

cliché

Pierre Edde, ministre des finances du Liban hatitait Paris pendant la guerre du Liban. Nous étions très amis. Il a voulu me faire connaître une de ses cousines, Mme Ferrand, d'origine libanaise, ayant épousée un grand bourgeois de Lyon.
C'était une vieille dame charmante qui me dit : "Je souffre depuis mon plus jeune âge d'une maladie : la mondanite" me dit-elle.
C'est à dire ? lui ai-je demandé;
C'est sipmle, si chaque déjeuner du dimanche, je ne peux recevoir une douzaine personnes, je tombe en dépression. Voulez-vous venir dimanche prochain, à 14 heures ?
Avec joie, ai-je répondu.

Nous étions une douzaine d'invités autour d'une table ovale, servis par trois valet de chambre. Mme Ferrand présidait à un bout de la table, à sa droite un vieux général en uniforme bardé de décorations, et elle m'avait placé à sa gauche.
Le général prit la parole : "Savez-vous ce qui vient de m'arriver ? Avant de venir chez vous, je vais toujours à la messe. Figurez-vous qu'au moment de prendre l'hostie, je m'aperçoit que la main du prêtre était noir !!!Naturellement, je l'ai refusé...
Un silence profond a suivi cete déclaration. J'avais posé mes deux mains sur la table, comme pour me préparer à lui sauter à la gueule, et j'ai cassé subitement ce silence:
"J'espère, mon général, que dorénavant on va vous interdire l'entrée d'une église, et voilà pourquoi : Jésus a été crucifié parce qu'il a dit - aimez-vous les uns les autre-. Aussi, je pense que depuis lors, tout homme qui a passé sa vie à transmettre ce message mérite le respect, qu'il soit blanc, jaune, noir.
Le général s'est levé, furieux, et suivi par sa femme pourtant vêtue d'un vrai tailleur Chanel, et sont partis comme des voleurs !
Grand silence à nouveau...et Mme Ferrand met sa main sur la mienne et dit "Robert, à partir de maintenant, vous faites partie de la maison".

Après ce déjeuner, j'ai expliqué à mon hôtesse ne plus vouloir venir le dimanche, mais avoir très envie de venir prendre le thé en tête-à-tête.
Nous avons parlé de philosophie, de livres, d'art etc. Un jour, elle me dit un peu surprise :"comment se fait-il que vous ayez une telle culture ?"
Peut-être parce que je suis juif ?
Comment...vous êtes juif ? Save-vous que c'est la première fois que je reçois un juif chez moi !
Vraiment, lui répondis-je, pourtant je sais que vous avez reçu Léon Blum, Mendès-France, Bergson...Alors ?
Mon Dieu, je suis retombée dans le cliché...mais vous me faites réaliser que l'Intelligence est la religion universelle, merci.

mercredi 22 octobre 2008

magique

Hier soir j'ai assisté au concert à l'Eglise Sait Roch de l'ensemble Pigmalion, dirigé par Raphael Pichon qui vient d'avoir 24 ans : élégant, modeste, intelligent, talentueux, capable d'organiser un groupe de jeunes chanteurs et de musiciens parfaits dans leur performance pour interpréter Bach. Je me demande s'ils savent qu'ils sont généreux ?

mardi 21 octobre 2008

mode

Coco Chanel disait : ne soyez jamais à la mode, car la mode se démode, donc vous serez toujours démodé. Trouvez votre style et vous le serez pour toute votre vie".
Avant 68 et depuis la fin du 19ème siècle je vous cite les maisons de couture qui existaient à Paris :
Jeanne Lanvin, Poiret, Worth, Jean Patou, Jacques Heim, Lucien Lelong, Marcel Rochaz, Molineux, Schiaparelli, Doucet, Balenciaga, Givenchy, Jean Dessès, Dior, Chanel, Jeanne Lafaurie, Saint Laurent, Nina Ricci, Cardin, Madeleine de Rauch, Jacque Fath, Creed, O'Rossen, Maggy Rouff, Madeleine Vionnet, Paquin.
300.000 personnes travaillaient grâce à la couture à Paris. Il y en a maintenant seulement environ 9OO. Et nous prétendons toujours être le centre de la mode ?
Si cela pouvait exister, c'est que la vie sociale obligeait les gens fortunés à redonner de l'argent pour le travail, car il y avait des bals, des cocktails, des manifestations d'élégance au profit d'oeuvres sociales, on devait s'habiller en fonction de la situation : robe de dîner pour aller chez des amis souper, robe de bal pour un bal (une dizaine par an), robe de cocktail pour un cocktail (évidemment),tailleur pour l'après-midi, etc...Maintenant, il n'y a plus aucunes obligations, il est même possible d'être riche et de se costumer en pauvre avec un jean's déchiré acheté très cher (!) Absurde...

samedi 18 octobre 2008

encore Genève

Je pensais que la Suisse était un pays de tradition, et je me suis trompé : jamais auparavant il y avait des femmes qui servaient au restaurant, au bar, c'était toujours des hommes. Les femmes étaient dans les étages comme femmes-de-chanbre. A l'hôtel des Bergues, à ma grande stupéfaction, ce sont des femmes en priorité qui nous ont pris la commande, comme dans une brasserie alsacienne populaire ! J'ai alors demandé au directeur pourquoi ce changement ? Il me répond que c'est pour plaire à la clientèle masculine. Pourquoi,dans ce cas, n'ouvrez-vous pas un bordel, lui ai-je demandé ? Il n'a pas pu me répondre, visiblement embarrassé...Je lui ai cité ce qu'a dit Coco Chanel: "le luxe n'est pas l'expression de la richesse, mais le contraire de la vulgarité"...

vendredi 17 octobre 2008

Genève

J'ai retrouvé une ville différente, avec plus d'étrangers de toutes les nationalités, pour la plupart pas riches du tout (!). C'est populaire sans l'être trop. Les voitures, dès que vous avez mis un pied sur le passage clouté, stop immédiatement avec aimabilité, mais la seule fois que j'ai risqué de me faire renverser par une voiture agressive elle était plaquée française. Etonnant ? J'ai retrouvé avec émotion dans la vieille ville des souvenirs de mes avant-20 ans, inchangés, cela fait très plaisir de constater que tout ne disparait pas. J'ai aussi découvert l'autre rive du lac que je ne connaissais avec le port remplis de voiliers, une petite plage, et un lac qui ressemble presque à une mer. Je me suis souvenu qu'à cette époque, on restait toujours dans une sorte de bulle, dans une tribu avec ses rites et ses espaces, ce que j'ai retrouvé à Paris après la guerre : pendant des années , on de dépassait pas une frontière invisible, l'Odéon, et la moitié des parisiens allait au Bois de Boulogne et l'autre au Bois de Vincenne. J'ai descendu la première fois le Boul-Mich il y a seulement 15 ans. Gonzague Iriart, un amis adorable de 25 ans, élégant, très banquier (ce qu'il est) me recevait chez lui dans un appartement assez grand pour ne pas avoir la sensation de déranger, et qui se trouvait sur la rive que je ne connaissais pas près du Parc de la Grange. J'ai ainsi agrandi ma connaissance de Genève. J'ai pu visiter l'Hôtel des Bergues où je voyais le Prince de Monaco, Pierre, mais malheureusement là aussi, on a redécoré l'intérieur avec un étrange souci de vouloir "faire riche" et c'est vraiment raté! De même à l'Hôtel de la Paix où j'ai souvent habité. J'ai pu profiter d'un soleil éclatant, ce n'est que quand je suis arrivé à la gare pour revenir à Paris qu'il a commencé à pleuvoir, ceci pour me remercier d'être revenu me promener dans mes souvenirs de jeunesse.

samedi 11 octobre 2008

La LA LA

On en prend plein la vue, les oreilles, ébloui par autant d'inventions, de talents, et on sort du théâtre émerveillé par ces jeunes talents, par une mise en scène sublime, par des chansons divinement liées entre-elles, que dire de plus ? Un grand merci à tous !

jeudi 9 octobre 2008

voyage

Grâce à Loïc, Benjamin, Marion, Renaud, Lucie, Julien, Laetitia, Nicolas, qui m'ont offert comme cadeau d'anniversaire les billets de train, je vais partir à Genève où je ne suis pas retourné depuis 55 ans ! Je vais loger chez Gonzague puis chez Lionel Adli, tous les deux banquiers. Que peut-on faire d'autre en Suisse ? Cela m'émeut beaucoup, car j'ai vécu à Genève pendant la guerre, donc j'y ai beaucoup de souvenirs. C'est amusant de se promener dans des souvenirs...Alors merci à tous !

mardi 7 octobre 2008

inventivité

Loïc Le Gall est un champion de l'inventivité : il a eu l'idée d'installer un écran de cinéma chez lui pour montrer des films en privé ! Chic n'est-ce-pas? On a pu voir un film que j'adore : Stormy Weather, musical fabuleux où on découvre les Nicola's Brother, extraordinaires danceurs. On constate aussi l'énorme apport des noirs américains dans notre culture, en musique, rythme, mouvement corporel etc. Effet magique du métissage. J'ai eu la chance de voir le ballet de Katherine Dunam au théâtre des Champs Elysée dans les années 50, d'entendre Lena Horn au cabaret du Lido. Bref, j'ai eu beaucoup de chance !

samedi 4 octobre 2008

coutume ?

Quand je suis arrivé à Paris, en 1946, ma mère m'a conseillé d'aller déjeuner au Relais-Plazza, avenue Montaigne, "pour faire des économies" me dit-elle. Comme j'habitais derrière cet hôtel, consciencieusement, j'allais déjeuner à cet endroit. Comme j'étais souvent invité à déjeuner par des amis, ceci dans des restaurants habituels, j'ai pu comprendre ce que voulais dire ma mère. Dans un restaurant, on doit prendre une entrée, puis un plat et un dessert pour ne pas subir les foudres du maître-d'hôtel. Le Plazza avait inventé le premier snack-bar où on pouvait prendre selon son appétit, seulement un croque-monsieur, ou une salade et un gâteau, ou un oeuf mayonnaise et des fraises.
Christian Dior venait là chaque jour déjeuner, en voisin. A cette époque, il était impossible de commander un boeuf gros-sel, considéré comme un plat populaire. Et un jour, Christian a expliqué au maître d'hôtel que cet endroit était sa cantine et qu'il voulait manger comme à la maison, donc a exigé qu'on puisse commander du boeuf gos-sel. Ce qui fut fait...et le boeuf gros-sel est monté d'un étage dans la hiérarchie sociale !
Toujours à cette époque, on ne pouvait apporter un bouquet de fleurs à quelqu'un qui ne soit pas fait uniquement soit de roses, soit de pivoines, etc.
Une amie de Dior, Madame Dédéban était fleuriste avenue Friedland. Dior lui a demandé de créer des bouquets de fleurs mélangées, et c'est devenu ainsi une mode qui a détroné la stupidité du bouquet uniforme !

jeudi 2 octobre 2008

Peggy Roche

Pour trouver une photo de Peggy Roche, il faudrait consulter les archives du journal Elle, dans les années 65 à 67. car un jour, le journal m'a demandé de bien vouloir prêter mon chien, un lévrier persan (saluki) pour faire une photo avec Peggy comme mannequin, ceci à la gare d'Auteuil.
Plus tard, le journal a engagé Peggy comme journaliste. Un jour, Peggy m'a montré un projet qu'elle avait imaginé pour le journal et qui consistait à vouloir conseiller les femmes à bien recevoir des amis à déjeuner. Le montage de la table très bien photographiée était parfait.
Puis elle m'invite à un lunch chez elle. Elle avait disposé un énorme artichaut dans notre assiette, mais déjà recouvert d'une vinaigrette. Dès la première feuille que j'ai porté à ma bouche, j'ai senti avec horreur la vinaigrette qui glisssait sur ma main, mais stoïquement, j'ai épluché mon artichaut jusqu'à la fin. Puis, en tenant mes mains à la verticale pour éviter si possible que la sauce ne glisse sur mon avant-bras,, je lui ai demandé si je pouvais avoir un rince-doigt ? Furieuse, elle me traite de snob ! Alors, je me suis essuyé les mains à la nappe, amusé par son air stupéfait. Ma chère Peggy, si tu veux conseiller des femmes sur un art de vivre, il me semble que tu devrais commencer par mettre en pratique toi-même tes conseils, sans quoi tu représentes "l'hôpital qui se fout de la charité" !

mercredi 1 octobre 2008

Sagan

On ne peux qu'être déçu quand on voit un film sur des personnages que l'on a personnellement connu : J'ai été quelque fois dîner chez Françoise Sagan, j'étais très ami avec Peggy Roche, mannequin parfait qui a souvent travaillé pour moi et avec qui j'ai été très lié et dont je connaissais tous les problèmes de sa vie, devenue l'amie lesbienne de Sagan, Jacques Chazot qui me détestait cordialement, parce qu'il faisait des efforts désespérés pour arriver à avoir une aisance qu'il n'a jamais obtenue - c'est pourquoi je l'énervais - car je ne faisais pas semblant ! Sylvie Testud se débrouille bien en Sagan, Jeanne Balibar ne ressemble en rien à Peggy Roche, Palmade pas Chazot du tout...Pourquoi Diane Kurys a-t-elle pris le risque de faire ce film diffusé sur la 2 ?