samedi 4 octobre 2008

coutume ?

Quand je suis arrivé à Paris, en 1946, ma mère m'a conseillé d'aller déjeuner au Relais-Plazza, avenue Montaigne, "pour faire des économies" me dit-elle. Comme j'habitais derrière cet hôtel, consciencieusement, j'allais déjeuner à cet endroit. Comme j'étais souvent invité à déjeuner par des amis, ceci dans des restaurants habituels, j'ai pu comprendre ce que voulais dire ma mère. Dans un restaurant, on doit prendre une entrée, puis un plat et un dessert pour ne pas subir les foudres du maître-d'hôtel. Le Plazza avait inventé le premier snack-bar où on pouvait prendre selon son appétit, seulement un croque-monsieur, ou une salade et un gâteau, ou un oeuf mayonnaise et des fraises.
Christian Dior venait là chaque jour déjeuner, en voisin. A cette époque, il était impossible de commander un boeuf gros-sel, considéré comme un plat populaire. Et un jour, Christian a expliqué au maître d'hôtel que cet endroit était sa cantine et qu'il voulait manger comme à la maison, donc a exigé qu'on puisse commander du boeuf gos-sel. Ce qui fut fait...et le boeuf gros-sel est monté d'un étage dans la hiérarchie sociale !
Toujours à cette époque, on ne pouvait apporter un bouquet de fleurs à quelqu'un qui ne soit pas fait uniquement soit de roses, soit de pivoines, etc.
Une amie de Dior, Madame Dédéban était fleuriste avenue Friedland. Dior lui a demandé de créer des bouquets de fleurs mélangées, et c'est devenu ainsi une mode qui a détroné la stupidité du bouquet uniforme !

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