mercredi 9 septembre 2009

François Cheng

Dans son livre "Cinq méditations sur la beauté" il écrit :

"La beauté que nous avons en vue est celle qui relève de l'Etre, qui jaillit de l'intérieur de l'Etre comme un élan vers la beauté, vers la plénitude de l'Etre en tant que présence, cela dans le sens de la vie ouverte. Nous nous situons donc résolument au-delà de toute "beauté d'apparence", reposant sur la seule combinaison de traits extérieurs, ou composée entièrement d'artifices, une beauté qu'on peut instrumentaliser aux fins de tromper, d'amadouer ou de dominer. Cette "beauté" qui relève de l'avoir, il est vtrai qu'elle est omniprésente dans les sociétés vouées à la consommation. En soi, son existence se justifie; son usage pernicieux la dénature. En définitive, on peut dire qu'une beauté artificielle, dégradée en valeur d'échange ou en pouvoir de conquête, n'atteint jamais l'état de communion et d'amour qui, en fin de compte, devrait être la raison d'exister de la beauté. Au contraire, elle signifie toujours un jeu de dupes, de destruction et de mort. La "laideur d'âme" qui la mine lui enlève toute chance d'entrer dans le sens de la vie ouverte".

Aucun commentaire: