mardi 17 mars 2009

Juifs ?

J'ai beaucoup d'admiration pour Pierre Assouline qui a fait une remarquable étude sur un cerain milieu juif en écrivant "Le dernier des Camondo". Il m'a écrit une jolie dédicace : A Robert Levaillant, cette plongée dans une Atlantide qui lui est si familière..."

p.174 : Finalement, qu'est-ce qui les distinguait des grands bourgeois fortunés ? Qu'est-ce qui leur permettait d'échapper au fameux jugement de La Bruyère, pour qui le bourgeois est noble par imitation et peuple par caractère ? Un titre, une particule, un mode de vie, la fréquentation d'une société, une haute idée de soi et des siens...Et l'impérieuse nécessité, l'irrépressible volonté, l'insondable désir de se différencier de leurs coreligionnaires. Comme si en appartenant à une "grande famille",ils inventaient une autre manière d'être juifs. Car pour rien au monde, ils n'auraient voulu être les égaux de leurs frères. Ce trait de caractère, si typique des Juifs de Cour de la vieille Europe centrale...
Nobles et israélites étaient également fascinés par le mythe des origines. Celles des premiers ne remontaient qu'au alentours de l'an 1000, date à laquelle se manifesta une conscience généalogique sous différentes formes (Château, patronyme, armoiries, droit d'aînesse...). Celles des seconds prenaient leur source dans une sorte de nuit des temps qui en faisait la véritable noblesse immémoriale. Tous étaient convaincus de venir de très loin. L'esprit de la bourgeoisie leur paraissait vulgaire dans son apologie du mérite individuel. Comment pouvait-on être fier de ne dater que de soi-même ?

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